Le Club de la Presse

Retour sur la conférence d'Alain Badiou autour de la démocratie et des médias


              

Le 30 novembre à 18h30 à l’Agora des Galériens s’est tenue en partenariat avec la Marseillaise et le Club de la Presse une rencontre-débat passionnante avec le philosophe Alain Badiou autour de la question « démocratie et médias ».


Démocratie et Médias : quels enjeux ?

Dans le cadre du cycle « que signifie changer le monde ? », du 24 novembre au 2 décembre, un collectif d’associations des Bouches-du-Rhône et d’ailleurs (composé de Alt(r)a voce, Image de ville et Pensons-le-matin de Marseille, la Maison des Jeunes et de la Culture de Martigues, la médiathèque Boris Vian et le cinéma Le Méliès de Port-de-Bouc, le Repaire et les Universités populaires d’Aubagne et Aix-en-Provence et le Vélo Théâtre d’Apt) offrait au curieux plusieurs opportunités de rencontrer le philosophe ALAIN BADIOU et de dialoguer avec lui autour de son œuvre, également de sujets aussi divers que le réfugié et l’hospitalité, la poésie, la politique, le théâtre, l’amour, le cinéma, l’image et le réel, l’Europe et la Grèce, les vérités, le changement.


Le 30 novembre à 18h30 à l’Agora des Galériens s’est tenue en partenariat avec la Marseillaise et le Club de la Presse une rencontre-débat passionnante avec le philosophe autour de la question « démocratie et médias », dont le point commun est la notion d’opinion.

Alain Badiou précise sa pensée, en expliquant que « la démocratie est souvent définie par le fait que c’est un régime dans lequel il y a une liberté d’opinion ». « Et l’on peut dire que les médias sont un moyen de transmission des opinions » continue le philosophe après l’intervention de Pamela King autour de la question de la post-vérité.

Selon la psychanalyste, aujourd’hui, à l’ère des fake news et de l’infobésité, « les faits objectifs ont moins d’influence pour modeler l’opinion que les appels à l’émotion et aux croyances personnelles » : c’est le signe de la « victoire des affects sur l’opinion fondée en raison », dont use et abuse Donald Trump.

 


La question de la démocratie et des médias se pose à notre époque avec plus d’acuité même si elle remonte à Platon et induit une autre question : celle de la liberté d’opinion et de la liberté de communiquer son opinion, la transmettre, qui elle-même sous-tend la problématique des moyens et de l’égalité dans la capacité de transmission d’une opinion, et interroge la notion même d'Education.

L'inégalité souvent mise en exergue par les puissants tenants du libéralisme économique apparait ici incompatible avec la liberté d'opinion. De plus, « les plus grandes fortunes achètent la liberté d’opinion », en devenant propriétaire des grands médias (le Monde, Libération ou encore l’Express) et en dépit « des efforts [de médias alternatifs] pour sortir du carcan », il y a un risque de récupération, intrinsèque au système capitaliste profondément inégalitaire.

Un triste portrait de notre société, de l’état de notre démocratie malade et des médias à la botte des grandes fortunes nous a été brossé. Le débat s’est néanmoins achevé sur une note d’espoir, « il ne faut pas se décourager » conclue-t-il sous un tonnerre d’applaudissements d’un public venu en très grand nombre rencontrer le philosophe.


Texte et photos : DVDM

Rédigé le Vendredi 15 Décembre 2017 à 15:10 | Lu 44 fois



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